Zones d'incertitude

 

Brice BOURDET • David CLAERBOUT • Berlinde DE BRUYCKERE • Marcel DINAHET
Gérard DUCHÊNE • Douglas GORDON • Judy LINN • Javier PEREZ
Philippe RAMETTE • Sophie RISTELHUEBER • Jana STERBACK

Du 4 juin au 12 juillet 2014

Commissaire : Bernard Lallemand

Exposition réalisée avec le concours du Frac Haute Normandie, du Frac Nord-Pas de Calais et la collection d'art contemporain du département de Seine Saint Denis

Peut-on délimiter précisément la frontière entre l’automne et l’hiver, entre le printemps et l’été ?
Peut-on indiquer exactement la frontière entre le jour et la nuit ?
Peut-on visualiser avec précision, au centimètre près, la frontière géographique entre deux pays ?
Il en est de même pour les états psychiques entre le normal et le pathologique. Le normal n’est pas un concept statique ou pacifique, mais un concept dynamique et polémique. La norme et le pathologique sont en fait des a prioris, évalués en fonction des perturbations occasionnées sur des structures sociales à l’encontre des individus qui y vivent. Il y a des comportements que l’on considérait comme  pathologiques il y a trente ans qui sont estimés tout à fait normaux de nos jours.
Les frontières sont bien plus des territoires aux contours flous, leurs surfaces sont mouvantes, elles évoluent avec le temps, les sociétés et les cultures.
L’exposition « Zones d’incertitude » se présente comme un lieu de questionnement artistique sur la nature même des frontières.
Si la frontière est un concept qui s’identifie de façon abstraite à une limite, elle ne peut constituer une ligne de démarcation nette et distincte comme nous le dévoile la ligne de flottaison instable de Fleuve-7- Westminster (2009) une vidéo de Marcel Dinahet.
C’est l’un de ces territoires mystérieux, comme absent à la réalité du monde, que Sophie Ristelhueber nous dévoile dans Autoportrait (détail 6) (1999) et qu’arpente Marcel Dinahet dans sa vidéo Sur la baie (2001). Un espace comme un écho à l’invisible frontière entre le ciel et la terre qui nous évoque l’infini David Claerbout, Untitled (Mist over landscape) (2002).
A la frontière du lisible et de l’illisible, les écrits de Gérard Duchêne, Journal d’il. (1989) se dissolvent entre matrices et transferts. Une baie vitrée voilée installe une frontière entre l’intimité et le monde extérieur mais cet espace intime est vide et la seule lumière provient de l’extérieur Judy Linn Untitled (Curtain) 1996) . Javier Perez, lui nous indique que cette limite se situerait dans la chevelure Màscara de seduccion II (2009), Màscara ceremonial I (2009) et Douglas Gordon qu’elle apparaîtrait sur le visage d’un monstre Monster (1997).
Le personnage de Berlinde De Bruyckere C. Reybrouck (1997), en masquant son visage sous des couvertures, a tracé sa frontière avec le monde. En s’isolant, il se protège et s’enferme tout à la fois. Il en est de même pour Jana Sterback et sa robe de viande Vanitas (1987) qui remet en cause la frontière entre la chair et la peau.
A la limite de l’irrationnel il y a ces zones d’incertitude où la position des corps dans l’espace semble indiquer la relativité même du réel, Brice Bourdet 45° (2006), Philippe
Ramette Promenade irrationnelle (2003).
La création artistique est une zone d’incertitude où les interrogations qui nous habitent prennent forme.

Bernard Lallemand

Vues de l'exposition - Photos : B. Lallemand

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