Archives 2015

JUIN:   VIVRE AVEC ....

Dans le milieu des années 80, une attirance magnétique s’est emparée de Marie-Pierre Delœil. C’était en regardant les toiles de Goya, de Léger et de Picasso au Musée des Beaux Arts de Lille. Ce fût la découverte marquante d’un monde qui lui était inconnu.

Marie-Pierre achète une première œuvre en 1987, mais c’est en 1991, qu’elle fait un achat déterminant pour elle : une huile sur toile de Marcel Mouly. Cette acquisition représente le symbole de son émancipation. Un passage à l’acte qui lui coûte à l’époque trois mois de salaire, c’est le prix de la liberté, “l’important est de vivre selon ses propres choix” nous confie-t-elle..

A l’époque c’est d’abord son plaisir visuel qui guide ses choix. Elle est attirée par une peinture qui met en jeu la liberté formelle et les couleurs. Au fil des rencontres artistiques, des visites d’expositions et des lectures, ses goûts ont évolué. Aujourd’hui Marie-Pierre dit s’intéresser autant à l’intention de l’artiste qu’au résultat.

Elle a une aversion pour les œuvres bavardes, grandioses ou démonstratives. Elle s’émerveille toujours devant “une simplicité et une économie de moyens qui contiennent tant de choses”. Elle a besoin que l’œuvre lui laisse l’espace nécessaire à son imaginaire et sa rêverie. Elle pense que l’artiste agit comme un révélateur de sa propre pensée et que les œuvres d’art ont transformé son regard sur le monde. Celui-ci se veut plus critique et plus poétique qu’auparavant.

Marie-Pierre n’achète que des œuvres qu’elle aime, sans se soucier de la notoriété de l’artiste ou de sa cote. Elle aime que les artistes soient contemporains du monde d’aujourd’hui, celui dans lequel elle vit.

Ce qu’il y a d’étonnant dans cette passion c’est la relation affective qu’elle entretient avec les œuvres qu’elle acquiert et que l’on pourrait appeler ses “résidents”. Vivre avec eux, pouvoir les regarder chaque jour, lui paraît vital. Quand un nouveau résident doit trouver sa place sur ses murs, choisir d’en remplacer un pour un autre l’attriste. Elle pense alors que “le compagnonnage est terminé”. Elle convient volontiers que cette relation aux œuvres est excessive. Elle perçoit sa dépendance vis à vis d’elles, elle parle de “tyrannie” à ce propos. Sa collection reflète pourtant son indépendance d’esprit .Elle dessine un autoportrait “à son insu” dit-elle.

Marie-Pierre Delœil s’est construit un monde, les œuvres qui le peuplent sont les personnages d’une histoire singulière qui s’écrit loin de la modélisation mondialisée.

 

Bernard Lallemand

(1) Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français fondée par des collectionneurs.

(2) Le comité technique du Prix Marcel Duchamp est présidé depuis sa création par le Conservateur en chef du Musée National d’Art Moderne (Centre Pompidou).

(3) lire à ce sujet l’excellente préface de Antoine de Galbert et son interview dans le Catalogue de l’exposition de sa collection “Le Mur” aux Editions Fage http://www.fage-editions.com/pa7ou484/Ouvrage/Le-mur.html

 

Novembre : CLAIR ET OBSCUR

 

Septembre : CHAMBRES AVEC VUE

CHAMBRES AVEC VUE

 

La chambre suggère un espace de repos où l’on peut dormir, rêver. Elle est également un refuge, un endroit personnel où l’on peut se retrouver à l’écart des autres. Les vêtements, les objets, les photos n’y sont pas là par hasard, ils participent d’un choix personnel. Ils constituent les éléments d’une histoire. Que nous disent ces choix de la personne qui habite ce lieu ?

C’est avec ce questionnement que j’ai rencontré certains usagés résidents de l’Etablissement Public de Santé Mentale Lille-Métropole.

A partir de mes rencontres avec les patients j’ai dessiné le portrait “en creux” de six d’entre eux. Ces portraits s’appuient sur un détail photographique de leur chambre.

Mais à la subjectivité de mon regard je souhaitais associer la leur. De nos conversations

est venu le choix d’une bande son diffusant leur chanson préférée.

Dans ces dispositifs audio-visuels, la représentation du visage est devenue “hors champ”, seule la périphérie s’offre à notre regard et à notre écoute. Ces portraits nous suggèrent que la réalité accessible est celle d’une absence.

 

Bernard Lallemand

 

Remerciements à André, Donatien, Fabienne, Jean-Pierre, Patrick et Véronique et à tout le personnel soignant de l’EPSM Lille-Métropole que j’ai rencontré pour leur collaboration à ce projet. Remerciements à Massimo Marsili et Christelle Lemaire pour leur aide précieuse.

LES DERNIÈRES ACTUALITÉS

Date : 12/07/2019
Date : 19/06/2019
Date : 04/02/2019
Date : 03/12/2018
Date : 03/12/2018
Date : 03/12/2018
Date : 03/12/2018
Date : 09/11/2018
Date : 26/09/2018
Date : 26/09/2018
Date : 05/07/2018
Date : 17/01/2018
Date : 03/01/2018
Date : 18/10/2017
Date : 05/09/2017
Date : 21/07/2017
Date : 24/06/2017
Date : 03/04/2017
Date : 31/10/2016
Date : 20/09/2016
Date : 23/06/2016
Date : 22/06/2016
Date : 04/04/2016
Date : 25/04/2015
Date : 10/01/2015
Date : 10/11/2014
Date : 09/06/2014
Date : 15/03/2014
Date : 02/04/2013
Date : 13/06/2009